Vers la fin du monde et vers celle de l’Internet ?

Sur plusieurs plans, notre société doit faire face à des problèmes considérables pour lesquels aucune solution cohérente et définitive n’apparaît. Il ne s’agit pas seulement de la France, mais de bien des pays, habitués depuis plusieurs décennies à une augmentation progressive du pouvoir d’achat et de la multiplication d’outils technologiques encore plus merveilleux que ceux imaginés dans les contes pour enfants. Aujourd’hui, tout semble aller mal, que ce soit dans le monde agricole, industriel, énergétique, social, ou environnemental. Beaucoup de problèmes touchant à l’avenir de l’humanité exigent des solutions rapides.

Le support d’information essentiel à notre société mondiale, l’Internet, lui-même, est remis en cause du fait de son absence de sécurité et de normes à la fois trop contraignantes ou trop laxistes, selon les catégories d’utilisateurs considérés. Faute de pouvoir imaginer ce que peut nous réserver le futur immédiat, trois courants d’idées se dessinent pour annoncer ce que nous estimons impossible, c’est-à-dire, la fin de l’Internet !

Les banques et les marchés s’effondrent. L’économie mondiale est menacée par la récession. Les autorités de supervision bancaire se sont multipliées. Elles ont prodigué des liquidités sans tenir compte des risques possibles. Les normes comptables espérées sont toujours attendues, mais leur mise au point prend du temps. Le rôle des agences de notation manque d’une définition globale faisant l’unanimité. Les conséquences de la prodigieuse création de monnaie, à l’est comme à l’ouest, n’ont pas été analysées. Au sein des grands déséquilibres économiques mondiaux, la guerre des changes menace. Un nouvel accord international, du type « Bretton Woods », devient nécessaire avec une formulation non ambigüe des objectifs pour une nouvelle période de 70 ans au moins. L’Internet créé une monnaie virtuelle sans contrôle (le Bitcoin) et la téléphonie mobile s’ouvre à des transactions financières audacieuses.

Certains experts ont pris le choix et le risque de nous alerter, car l’effondrement mondial de l’économie s’accélère maintenant et la fin du monde, semble-t-il, est proche. Le personnage mythique du trader de Singapour, Gordon Gekko, est évoqué pour nous rappeler que les stocks mondiaux sont surévalués, que la dette atteint des sommets et que les réserves financières ont disparu. Bref, comme semblent le confirmer des graphiques fournis à l’appui de cette thèse, nous serions au bord de la catastrophe financière mondiale dès le début de 2016 (1).

Un autre son de cloche pessimiste est lancé par Andrew Ellis, professeur à l’université d’Aston de Birmingham, qui s’appuie sur des observations du trafic réel de l’Internet. La progression constante des échanges de données n’est pas sans risque, car elle pourrait générer un débordement irrémédiable provoquant une rupture du fonctionnement de l’Internet (« Broadband Capacity Crunch »). Un jour ou l’autre, la demande en débit rattrapera l’offre réalisable, même en fibre optique ou sur les routeurs du réseau mondial. Le professeur Andrew Ellis annonce la date précise de l’effondrement ultime de l’Internet pour 2023. Il conclut en souhaitant que le monde politique décide soit d’élever les coûts d’accès à l’Internet pour en réduire la demande, soit d’en réduire le temps d’accès et le débit par utilisateur.

« Erreur ! » crie un autre expert, spécialiste en microélectronique. « L’Internet s’effondrera de lui-même de toute façon dès 2020, faute de puissance électrique suffisante ». En effet, avec une consommation croissant au rythme de 40 % par an, la demande de puissance électrique de l’Internet pourrait bientôt atteindre la capacité mondiale de production. L’expert en composants électroniques Hoefflinger Bernd décrit un ensemble de scénarios permettant d’éviter la panne de l’Internet d’ici 2020 et d’assurer une croissance soutenue de la nanoélectronique au-delà de 2030. Il est de fait que le monde a besoin d’embrasser dans le futur beaucoup de changements radicaux, et certains d’entre eux méritent d’être pris en considération dès maintenant. (2)

Prévisions scientifiquement étayées ou prédictions gratuites associées à la préparation d’élections nationales ou de manœuvres boursières, les scénarios de catastrophe rencontrent toujours un certain succès. Certes, beaucoup d’informations soulignent la difficulté d’évolution de ce monde de l’électronique et de l’informatique poussée par la frénésie de la mondialisation de l’économie. La société humaine a toujours su faire face aux défis par de nouvelles propositions et des aménagements techniques rendus possibles par la science. L’informatique et l’intelligence artificielle ne sont pas encore en mesure de nous aider à prévoir ou à prédire l’évolution du monde et quoi qu’il arrive, nous saurons toujours nous adapter à de nouvelles difficultés. Gardons le meilleur de ce qui a été mis au point !

Que cela n’altère jamais notre optimisme immuable !

Bonnes lectures et bonne quinzaine !

Daniel BATTU

Rédacteur en chef

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