Allons-nous vers un ralentissement de la demande en numérique ?

Saturés par les offres de la Toile, les citoyens semblent réduire quelque peu leur consommation en applications numériques. Le débit moyen de téléchargement est aujourd’hui proche de 50 Mbit/s aux Etats-Unis et de 29 Mbit/s au Royaume-Uni. Des valeurs élevées au sein de statistiques complexes qui laissent quand même comprendre que les villes et les entreprises sont mieux servies que les campagnes et que l’abonné isolé. L’Ofcom britannique avoue que lorsque l’on parle de téléchargements à 50 Mbit/s, il s’agit d’abonnés urbains, les ruraux devant se contenter de 13,7 Mbit/s, la moyenne nationale tournant autour des 29 Mbit/s précités.

Dispose-t-on d’une infrastructure de réseau suffisante  ou faut-il investir davantage et de quelle façon ? Les intervenants sont perplexes, car il apparaît que les usages changent et qu’une partie de la clientèle s’approche de la saturation. Ne faudrait-il pas un peu moins de numérique et plus de vie sociale, s’interroge l’Ofcom ?
Il semble qu’en effet, les Internautes britanniques soient à la « recherche d’un équilibre plus sain entre la technologie et la vie au-delà de l’écran ». Les citoyens numériques apprécient les services rendus par l’Internet qui en général rompent l’isolement et rendent la vie plus facile. Le rythme de sollicitation de l’Internet fixe ou mobile est devenu trop astreignant (25 heures par semaine en moyenne, avec un taux de connexion compris entre 10 fois par jour (42 %) et 50 fois par jour (11 %). Près d’un quart des personnes interrogées avouent sentir le besoin de faire une coupure de temps en temps avec la technologie numérique, à l’occasion des vacances par exemple.

Les goûts pour certaines applications changent, fournissant ainsi la preuve d’un certain niveau de saturation, qui est variable selon les classes d’âge. Si les vrais seniors commencent à témoigner d’une certaine curiosité pour l’Internet, les plus jeunes réduisent depuis 2014 le rythme de leurs bombardements en messagerie écrite (courriels et SMS). La photographie et la vidéo en streaming recrutent de plus en plus d’adeptes, notamment sur « YouTube » et « Snapchat ». Les programmes vidéo semblent intéresser le public. Il est noté aussi une réduction progressive du trafic postal et une augmentation des ventes en ligne.

Néanmoins, chacun reconnaît que rien ne remplace la relation directe, que ce soit en famille ou au travail. L’étude conduite par l’Ofcom confirme que les Internautes sont conscients que leur dépendance à l’Internet affecte la qualité de leur vie personnelle et de leurs relations professionnelles.

Ces statistiques montrent aussi que les diverses applications de l’Internet s’approchent de leur optimum d’usage en volume et en qualité. Si demain, le support financier des ressources publicitaires de ces applications fait défaut, la facture moyenne de l’Internaute devra venir au secours des budgets d’exploitation et il est à craindre que les volumes de trafic s’orientent vers une forte décroissance.

Dans ces conditions, les investisseurs en infrastructure de réseau doivent redoubler de prudence dans leurs projets.

Bonnes vacances à tous. Bonnes lectures sur le Smart-Webzine, comme toujours !

Daniel BATTU

Rédacteur en chef

16 08 2016

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