Les TIC sont-elles au service de la démocratie ?

Le passage au numérique simplifie les tâches et réduit les charges en personnel. Internet et les technologies de l’information (TIC) et de la communication qui sont attachées à ces liens fixes et mobiles facilitent la vie, pour ceux qui en maîtrisent la pratique et qui en connaissent l’ergonomie, mais pour les autres, cette évolution est davantage le signe d’une régression dans la qualité de service et le contact avec les entreprises.

Essayez donc de lire la Presse en ligne des grands journaux parisiens ! Quotidiens et périodiques cherchent à se mettre à la mode du numérique, mais si les lignes de conduite sont nombreuses, peu d’entre eux ont encore réussi à maîtriser la martingale doublement gagnante qui à la fois, réduit la main d’œuvre nécessaire tout en réussissant à augmenter le nombre de lecteurs. La solution toute simple consiste à laisser le lecteur à se débrouiller par lui-même en voyageant sur le site d’entrée du journal, à travers le cimetière des FAQ (questions fréquemment posées, c’est-à-dire, celles qui ne sont pas précisément les vôtres). Le Webmaster du journal ne passe par là qu’une fois par semaine et répond aux pauvres lecteurs désappointés qu’il leur appartient de mettre à jour leurs cookies et leur JavaScript.

Responsabiliser l’Internaute perdu dans la nébuleuse des arborescences de l’Internet, c’est la dernière trouvaille des Grands Maîtres du Numérique. Débrouillez-vous tout seul ! Et que Java et vos Cookies soient vos seules étoiles capables de vous guider dans la constellation de l’Internet. Puisque vous avez payé votre abonnement numérique en ligne, personne ne viendra à votre secours, ni pour la lecture en ligne qui n’est plus opérationnelle à la sixième page, ni pour signaler la mauvaise qualité de votre dernier achat en magasin. D’ailleurs, le vendeur sait démontrer à qui le demande que tous ses clients sont satisfaits à 99 % ! Parle-t-il de l’objet de la vente ou de la bonne qualité de l’emballage du produit ? Nul ne peut en témoigner puisque la vente et l’objet de la vente appartiennent au monde de l’immatériel !

Notre bonne vieille Administration des PTT a disparu et avec elle, les principes de qualité de service se sont dilués dans le verbiage de réglementations en nuage. Il n’y a plus de responsable en ligne et personne n’écoute les demandes de la clientèle. Ainsi, une part de démocratie s’est effacée puisqu’il n’existe, pour les citoyens, aucun recours face au monde des fournisseurs de service numérique.

Un regard sur la Chine donne à ce sujet un éclairage intéressant. Avec sept cents millions d’internautes, la Chine, à la différence de l’Europe, a su construire un modèle numérique original et dynamique. Le pays représente à lui seul 40 % du commerce électronique mondial, selon Citi. « On n’achète rien sans aller demander conseil, on ausculte le « bruit » sur les marques », remarque Laure de Carayon. Le changement d’avis est massivement observé. La Presse chinoise, comme tous les systèmes d’information, dépend du marché, de la diffusion des ventes et de la publicité. Un journal est lié à son lectorat et au gouvernement et ne reçoit pas de subventions. Par principe, les actes du gouvernement sont orientés vers le bien-être du peuple chinois et les intérêts du Parti coïncident avec ceux du peuple. Des critiques peuvent être formulées et les échanges sont utiles. La Chine est aussi une démocratie, qui sous une certaine forme, sait rester à l’écoute de ses citoyens. Selon la revue « The Economist », les dirigeants chinois restent à l’écoute régulièrement de l’opinion de leurs citoyens avec le service numérique ou « hotline 12345 ». Un malaise aggravé concernant une forte partie de l’opinion pourrait avoir de lourdes conséquences. Aussi, les dirigeants chinois demeurent branchés à ce service de plaintes numériques qui leur sert d’indicateur ou de précurseur d’alertes à niveaux multiples. Ayant reçu l’opinion des citoyens, le régime agit dans leur intérêt par étapes.

Mais, bien entendu, la France n’est pas la Chine et pour cette raison, sans doute, elle reste ensevelie sous les belles phrases des théories dont elle est coutumière. Pour le moment, en France, les TIC semblent bien avant tout être au service des puissances commerciales.

Bonne quinzaine et bonnes lectures sur le Webzine !

Daniel BATTU

Rédacteur en chef

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