Accès illégal à Internet

Le ministre libanais des Télécommunications, a tiré la sonnette d’alarme après la récente découverte de plusieurs réseaux illégaux de télécommunication, disséminés sur le territoire libanais à l’insu du gouvernement. Ces réseaux illégaux constituent une menace pour la sécurité de l’État, car certaines compagnies étrangères fournissent ces connexions Internet.

Née il y a plusieurs mois, la distribution illégale de services d’Internet à partir de réseaux hors des frontières libanaises serait perméable à une surveillance étrangère. Ces installations constituent une violation des lois et des droits du secteur public et le manque à gagner pour l’État est estimé à 60 millions de dollars par an. Les équipes techniques libanaises ont découvert en plusieurs endroits écartés du territoire, des systèmes illégaux de télécoms (antennes, récepteurs et autres installations de grande ampleur) qui ont été confisqués. Ces systèmes étaient interconnectés, et les informations étaient reçues par des États étrangers, à l’insu des services spécialisés du Liban. Cette affaire touche non seulement à la sécurité de l’État libanais, mais également à la sécurité des données personnelles de ses citoyens. Ce matériel très spécialisé et de grande qualité est entré au Liban de façon illégale, déjouant la surveillance des services de sécurité. Ceci tend à prouver qu’il s’agit d’un groupe de personnes disposant d’un important budget financier cherchant à créer un réseau parallèle à celui de l’État, dans tous les sens du terme. Ces services illégaux d’accès à Internet étaient proposés à des prix extrêmement bas pour attirer une large clientèle. Certaines administrations publiques ont été victimes de ces réseaux, bernées par des prix attractifs.

D’après la presse européenne, les exploitants de communication par satellite, dont Eutelsat, Tooway, Avanti Com et SES, ne connaissent pas les utilisateurs de ces offres qui ont été souscrites auprès de leur réseau de distribution internationale, qui comprend des grossistes et des revendeurs. Ils ne peuvent pas être tenus comme complices. Au carrefour du commerce électronique du Moyen Orient, plusieurs forces politiques s’opposent et parfois, collaborent entre elles.

Du fait de la porosité des frontières de la région, depuis quelques années, des milliers de récepteurs satellitaires ont été installés pour accéder à Internet en haut débit (à 22 Mbit/s en téléchargement, et 6 Mbit/s dans le sens montant). La réception par satellite est plus coûteuse qu’une connexion par câble (500 dollars pour un accès pendant 6 mois), mais faute d’autres solutions, la réception satellitaire est une aubaine dans cette région du monde. Elle est souvent utilisée par les citoyens, les organisations politiques et certaines ONG.

Le marché des équipements de l’Internet par satellite a explosé ces derniers temps où l’on l’on ne compte plus les utilisateurs. Les revendeurs affirment qu’en ce qui concerne l’autre côté de la frontière ils s’en remettent à « des partenaires commerciaux » sans chercher à connaître les utilisateurs réels et les cyber-cafés fleurissent

Le programme secret « Treasure Map », initié par la NSA a pour objectif d’espionner les satellites et d’identifier et de localiser chaque appareil connecté à Internet où qu’il soit à travers le monde. Cependant, Eutelsat explique que la miniaturisation et la mobilité des antennes actuelles empêchent de superviser des utilisations potentiellement illicites. La chaîne de distribution étant obscure et complexe du fait des nombreux intermédiaires. Il est impossible de tracer un matériel depuis son usine jusqu’à sa localisation finale. Pourtant cette chaîne de distribution entre le satellite et l’utilisateur réel mériterait d’être identifiée. Voir également www.zdnet.fr/  www.lorientlejour.com/

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