Bots et Chatbots, et la course au clic en 2017 !

Le langage accompagne la technologie et tous deux évoluent sans cesse. Des mots nouveaux apparaissent et malheur à ceux qui ne parviennent pas à s’imprégner du sens caché des vocables renouvelés.

Tout le monde connaît les robots, ces copies de travailleurs supposés prendre la place des hommes, augmentant malheureusement de cette façon la fameuse courbe du chômage, si souvent évoquée par les hommes des milieux politiques. Mais, la technologie d’aujourd’hui a remplacé le robot construit à partir d’automatismes simples à base d’électro-mécanisme par de nouveaux montages cherchant à mieux imiter encore les comportements humains grâce aux ressources de l’informatique incorporée ou placée à distance. Cette nouvelle étape technologique se distingue de la précédente par un nom original et plus court. Aussi, au « robot » va succéder le « bot » et le robot capable d’énoncer des phrases ou des bavardages de façon plus ou moins cohérente s’appellera « chatbot ».

Sur ces bases, Wikipédia n’hésite pas à utiliser le pléonasme de « Bot informatique » pour définir l’agent logiciel reposant sur un serveur distant agissant et réagissant sur la Toile de façon à accomplir une tâche prédéfinie. Par ses actions et ses réactions, le Bot donne l’apparence d’un système coordonné par des humains très proches de leurs clientèles. Car, bien entendu, cette innovation a une finalité commerciale et les Bots participent, le plus souvent, à des opérations de promotion de ventes pour lesquelles les scénarios, légaux ou non, donnent lieu à des réactions simples très typées. Ne parlons pas des « réseaux de robots », ou « Botnets » conçus pour lancer des « pourriels » dans les boîtes de messagerie des honnêtes clients de la Toile !

Bien souvent, le langage vient au secours de l’innovation pour magnifier celle-ci. Pour renforcer l’image de la force triomphante du progrès technique, l’expression « Intelligence artificielle » a été créée. Ce qui est pourtant, à vrai dire, un contresens ! Car si l’intelligence est le propre du cerveau humain, une intelligence artificielle est impossible ou, à défaut, elle ne peut en être qu’une pâle copie incomplète. Il n’en est pas moins vrai que l’expression « intelligence artificielle (ou IA) a été reconnue comme une prolongation de la créativité, de la connaissance et de la mémoire humaine. L’usage courant a fini par accepter le concept proposé d’IA, plus conforme aux réalités qu’auraient pu suggérer ceux d’hyper ou de super intelligence. Nous restons ainsi dans une sphère d’imitation des capacités humaines dans les réactions perceptibles du robot.

La robotique est une discipline technologique qui ne veut pas connaître de limites. La marionnette « Stella » des Contes d’Hoffmann, marche, danse, parle et chante à la perfection. Pourquoi ne pas lui donner un vernis de fonctions cognitives avec un système de réseaux neuronaux empruntés à l’informatique ? Stella jouera aux échecs et répondra du tact au tact à des interviews conçus pour des jeux de rôle. C’est une affaire de mise au point des dialogues et le robot devient assistant de compagnie pour le bavardage, soit en utilisant un vocabulaire informatique un peu ramassé, un « chatbot » ou « chatterbot ». Ce n’est plus Stella, mais aujourd’hui Eliza qui ouvre les premières démarches conversationnelles automatisées de dix phrases maximum, sur la base de ressources empruntées à la psychothérapie.

Les géants de la Toile, les GAFA, ont deviné le potentiel que recèle la technologie des chatbots. Dès demain, un Internet envahissant vous souhaitera oralement la bonne année, simplement dans le but de vous faire parler et de vous proposer la meilleure offre commerciale du Web.

Pour notre part, nous resterons attachés à la forme écrite classique et nous vous souhaitons très sincèrement et sans arrière-pensée commerciale une bonne et très heureuse année 2017 !

Daniel BATTU

Rédacteur en chef

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