Idéalisme numérique et chauvinisme

Après l’orgueilleux programme « Digital Britain » qui est censé faire du Royaume-Uni le premier pays numérique de l’Union européenne, voici le slogan des « Données Massives pour faire la Grande Amérique ». Le numérique multiplie les ambitions qu’entraîne de façon logique l’usage systématique du superlatif ! Ce qui peut aussi s’expliquer comme une conséquence de l’attrait naturel du superlatif vers ce que le futur est susceptible d’apporter de nouveau dans l’inconnu du monde numérique de demain. Il faut amuser les foules et les faire rêver. La poétique de la stratégie politique est donc orientée maintenant vers les données massives, ce qui pourrait laisser croire que chacun pourrait alors y trouver sa part.

La Maison Blanche a détecté quatre grands domaines où les Big Data (les Données Massives) seraient susceptibles d’améliorer considérablement la vie et la sécurité des Américains : le crédit personnel, l’emploi, l’enseignement supérieur et le respect des lois. Pour suivre cette démonstration, il faut paradoxalement être déjà branché et se déconnecter de la réalité réelle. La bouteille de champagne (ou de whisky) à celui qui se laissera envahir par cette nouvelle mythologie !

1 – Le crédit – Le goût immodéré des Américains pour le crédit personnel est un fait notoire. Le concept du crédit facile est à l’origine du principe d’une dette permanente autorisant toutes les dépenses. Mais ce qui vaut pour l’Etat ne doit pas être applicable au citoyen américain et les informations sur la personne voulant souscrire un emprunt doivent être sérieusement vérifiées. De plus, le candidat à un prêt doit être informé du meilleur taux et de la meilleure garantie existante. L’existence de l’usine à gaz des Big Data se justifie pour aider emprunteur et prêteur à comprendre le buisson de lois et de règlements en vigueur sur ce thème.

2 – L’emploi – Les pratiques d’embauche traditionnelles peuvent changer leurs méthodes de recrutement et utiliser les algorithmes et les ressources mémoire du Big Data afin donner l’apparence de décisions plus objectives dans le filtrage des dossiers des candidats. Sont mises en avant à cette occasion, les principes l’équité, l’éthique et l’atténuation de la discrimination.

3 – Enseignement – Les défis posés aux étudiants dans l’enseignement supérieur concernent la recherche d’informations pour aider à choisir le bon collège et pour rester inscrits. Car la réglementation relative à l’enseignement supérieur est complexe, et on y relève un manque surprenant d’informations claires, faciles à utiliser et accessibles pour guider les étudiants faisant ces choix.

4 – La justice pénale – Dans un monde en évolution rapide, les responsables de l’application des lois sont à la recherche de solutions intelligentes basées sur les nouvelles technologies afin d’accroître la sécurité des collectivités et la confiance. Les algorithmes des Big Data devraient pouvoir être utilisées afin d’aider les forces de police à devenir plus transparentes, plus efficaces et efficientes. Des systèmes de modélisation informatique ont été développé afin d’affiner la compréhension de la criminalité des points chauds, en reliant les données d’infraction à des modèles de climatologie, d’heures de la journée, de la proximité avec d’autres structures ou variables. Certaines des techniques les plus récentes de modélisation analytique, souvent appelée «police prédictive», devraient pouvoir fournir une plus grande précision dans les conditions de déroulement de l’activité criminelle susceptible de se produire.

Regards vers l’avenir

Le rêve américain, tout comme la planification idéalisée des Britanniques, voudrait résoudre les problèmes du domaine public, grâce aux mérites de leur propre technologie nationale, chauvinisme oblige ! Mais le rendement de l’investissement de la technologie des Données massives est sans doute plus facile à démontrer dans le domaine industriel ou le monde médical que dans celui de l’administration. Les technocrates aiment beaucoup la bureaucratie, car elle leur donne un champ libre à leurs rêves, en adéquation avec leurs possibilités de dépenses budgétaires. La réalité est bien différente, car elle impose un regard objectif sur les résultats obtenus à moyen terme. Le problème posé par l’emploi des Big Data consiste à savoir si l’enjeu en vaut la chandelle ! Voir aussi www.information–management.com/

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Enter Captcha Here : *

Reload Image

© 2015 Strategies Telecoms & Multimedia | Contact |  -