La fin des réseaux d’autrefois

Le réseau téléphonique à circuits commutés (notre brave RTC d’autrefois) va disparaître après plus de cent ans d’existence et sa fin est programmée pour 2024. Pour la France, des extinctions par étape seront annoncées à partir de 2021. Cette nouvelle mutation est liée aux transformations technologiques. Les composants d’hier ont disparu et les raccordements se font en numérique, sur la base de regroupements géographiques les moins coûteux possibles.

Cette transformation efface le « P » du RTPC, acronyme d’un RTC de type « public ». Elle supprime aussi la batterie centrale (celle du central téléphonique d’autrefois), ce qui aura pour conséquence directe la dépendance totale de l’abonné à l’énergie électrique locale. Bien d’autres transformations auront lieu à cette occasion et les abonnés seront informés au fur et à mesure des modifications relatives aux services et au réseau. A compter de 2021, l’abonné disposera donc obligatoirement d’un terminal numérique capable d’assurer tous les fonctionnalités nécessaires aux services multimédia. Le protocole Internet (IP version 6) constituera enfin la norme unique, en national comme à l’international, en fixe et en mobile.

Le réseau national, associant les différents réseaux des exploitants autorisés, sera composé des réseaux fixes et de réseaux mobiles connectés aux différents réseaux Internet (au nombre de 70 000 dans le monde aujourd’hui).

D’ici à 2021, plusieurs problèmes devront trouver des solutions unanimes et définitives. En effet, si le réseau national se transforme, sa gestion dépend de plus en plus d’accords internationaux, en particulier pour le nommage. L’institution californienne ICANN (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers), qui actuellement participe à la gestion des noms de domaine (DNS, domain name system), va également évoluer et cette fonction du nommage sera copartagée avec de nouvelles institutions en cours de définition (organisations de soutien, OS, et comités consultatifs, AC) qui devraient être mises en place à compter de 2016 ou de 2017. La gestion des noms de domaines (tels que « .co.uk », « smart-webzine.com » ou que « .sncf.fr » est une activité très importante, compte tenu de la rareté de ces ressources, des risques de confusion susceptibles d’être exploités par des pirates informatiques et des aspects de sécurité. Beaucoup d’activités nationales essentielles vont donc dépendre de décisions internationales complexes.

Aujourd’hui, les responsabilités de la qualité de service sur le réseau IP résultent d’un grand nombre de paramètres pour lesquels les exploitants de réseau, et même l’exploitant historique, ne sont pas directement responsables. Par exemple, personne n’est responsable d’un trafic de Bitcoins effectué en P2P entre deux réseaux IP. De la même façon, la surveillance de  messagerie P2P entre plusieurs terroristes dans le DeepWeb ne relève d’aucune autorité désignée. Sur la toile Internet, personne n’a encore pour mission de traquer les actions à caractère nocif ou illicite.

En conclusion, nous savons que l’Internet de demain sera riche et joyeux. Il sera tactile, parce que très rapide. Il concernera aussi les Objets, les machines, la santé, le sport, la cité, que sais-je encore ? Mais l’Internet de demain risque d’être très vulnérable si la sécurité des échanges n’est pas prise en charge suffisamment par des organisations compétentes disposant de moyens adéquats. A défaut, la sécurité de l’Internet de 2021 devra être assurée par chaque Etat. Pour vous parler franchement, je trouve que le RTPC était  plus simple et plus stimulant à gérer ! Un exploitant aime bien en principe retrouver le résultat de ses efforts et de ses investissements dans la bonne qualité de service de son réseau. Avec Internet, ce ne sera jamais possible !

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Daniel BATTU

Rédacteur en chef

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