La problématique du NFC sur les terminaux de téléphonie mobiles

La mise en place de systèmes NFC sur les terminaux de téléphonie mobile ne semble pas encore faire l’unanimité. D’une part, face aux cartes bancaires qui sont assez répandues dans le monde, les terminaux mobiles sont également nombreux et de modèles variés. Est-il raisonnable de faire confiance à cette greffe d’accessoires pour assurer les paiements sans contact, sans que des garanties soient présentées ? Quelle part du marché des mobiles pourrait être concernée par cette extension de fonctions du terminal mobile ?

Au Japon, la technologie sans contact Felica qui est présente sur 60 % des terminaux n’est utilisée essentiellement que pour les transports et que par 15 % des utilisateurs. L’exploitant de réseau NTT DoCoMo a pourtant déployé de nombreux efforts pour vanter la simplicité des paiements chez les commerçants équipés du terminal de paiement associé. En Corée du Sud, 20 millions de terminaux mobiles équipés en NFC sont en service, représentant 40 % du parc national. Mais l’usage du téléphone « portefeuille électronique » ne concerne encore que moins de 10 % des 20 millions d’abonnés mobiles équipés en NFC, car 25 % des boutiques coréennes seulement disposent du terminal point de vente associé au NFC, qu’elles considèrent comme coûteux, peu rentable et mal intégré à leur système informatique. Et comme le seuil de la masse critique est difficile à franchir, le niveau de confiance dans la technologie n’est pas encore suffisant pour provoquer une adoption plus large. Pour cette raison, les magasins français Carrefour ont mis en service des points de vente NFC interactifs, qui assurent l’encaissement et attribuent des points de fidélité à la clientèle.

Près de 85 modèles de terminaux mobiles sont adaptés au NFC, face aux 4 000 catégories de terminaux commercialisés dans le monde. Sur ces 85 modèles, certains ne disposent pas de l’élément de sécurité permettant d’authentifier les paiements, d’autres (53, selon la GSMA) sont équipés d’une connexion entre la puce NFC et la carte SIM avec le protocole SWP (Single Wire Protocol). En ayant accès à l’information relative à la transaction, les exploitants de réseau espèrent pouvoir recevoir, via la carte SIM, une rémunération en relation avec le montant du paiement, à défaut d’une taxe fixe mensuelle. Dans ce cadre, China Mobile envisage se rémunérer à la fois par l’utilisateur et par le fournisseur d’applications. Pour clore sur ce point, ajoutons que dans certains cas, la sécurité est apportée par le terminal et par la plateforme de paiement et donc, une taxe particulière de la part de l’exploitant de réseau n’est pas justifiée. Le recours à la structure de Cloud Computing pour les opérations de paiement avec authentifications de diverses formes (Code PIN, Code QR, références GPS, photographie d’identité, etc.) rend encore le dossier plus complexe. La route du NFC semble encore présenter bien des embûches et bien des surprises.

www.telecoms.com/

© 2015 Strategies Telecoms & Multimedia | Contact |  -