Le Brexit et l’Internet

Le récent référendum qui vient de conduire à la décision du Brexit interpelle chacun. La question se pose : « Vox populi, Vox Dei » ? Cette voix de Dieu, exprimée dans les urnes, est-elle celle du bon sens ? L’histoire a ajouté au proverbe le commentaire suivant : « La nature turbulente de la foule est toujours très proche de la folie », selon la formule exployée dans la lettre de Alcuin à Charlemagne (798). De même, l’Internet, par ses réseaux sociaux et la résonnance de son tambour dans l’étroit couloir de ses réseaux associés multiplie les bruits de fond, noyant le signal utile. Y a-t-il toujours du raisonnable dans certains propos de Twitter ou de Facebook ?

L’Internet transporte les nouvelles à la vitesse de l’éclair et il multiplie les réactions immédiates sans prendre le temps de la réflexion et de la mesure, exactement comme le font certains journaux qui défendent avec passion des opinions qui n’ont pas été pesées à la lumière des connaissances nécessaires. De la même façon, certaines vedettes du monde politique se laissent emporter par leur passion.

Avec raison, il y a quelques semaines, le « Financial Times » posait la question de savoir pourquoi certains grands projets futuristes ne parvenaient pas au terme de leur réalisation. Une bonne question, d’ailleurs ! Le Royaume-Uni, pour ne citer que lui, devait être le premier pays à utiliser la carte d’identité électronique, à bénéficier d’un plan de santé particulièrement audacieux, du premier réseau numérique à haut débit de l’Europe basé sur la nouvelle génération de réseau (NGN), etc. Les deux premiers programmes ont dû être complètement révisés et aux dernières nouvelles, le plan « Digital Britain » relevait quand même entre 15 à 20 % de citoyens non intéressés par Internet dans le Pays de Galles et l’Irlande du Nord. Si les hommes politiques engagent des investissements pour l’avenir, il serait quand même préférable, dans une démocratie, qu’ils aient l’accord de l’ensemble de leurs citoyens. Mais, les 450 millions d’Européens se sont laissé séduire sans réagir par un Internet non sécurisé et espionné de partout. Et les stars de la politique européenne ont laissé faire sans trop réagir !

La République de Chine ne s’embarrasse pas de ces considérations, car le pouvoir décide des mesures nécessaires à prendre pour le milliard et demi de ses citoyens. La « masse critique » l’emporte et le pouvoir n’est pas divisé en 28 petits individualismes. La Chine a su trouver ses solutions pour réagir face aux normes internationales et aux applications Internet proposées. Chaque citoyen chinois sait ce qu’il pourrait perdre si tout était remis en cause à chaque moment.

L’actualité fournit aujourd’hui une leçon difficile à admettre : la richesse relative de l’Europe se trouve gaspillée par un excès de démocratie et une absence de réflexion avisée. L’Internet a précipité le mouvement d’informations de toute nature.

Il est clair que notre société souffre de l’absence d’une Intelligence Artificielle encore coincée dans un Nuage informatique mal adapté à notre monde actuel.

Gardons néanmoins l’espoir de jours meilleurs !

Daniel BATTU

Rédacteur en chef

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