Le secret de l’économie numérique, vu par la Chine

Avec l’avènement du numérique, deux modèles de société semblent s’installer aujourd’hui sur la planète. Le modèle classique est celui que nous connaissons et le nouveau modèle semble être celui développé par la Chine. Malgré les traités et les décisions d’ordre économique et les évolutions apportées par les techniques numériques, il semble que la Chine ait trouvé une voie adaptée à sa propre situation, sur les plans politique, social et humain, afin de mieux gérer l’ensemble de sa population.

En effet, d’une part, les sociétés occidentales considèrent que la transformation qui touche les activités économiques d’aujourd’hui (agriculture, industrie, services) prend sa source dans les technologies numériques. Elles considèrent que, très souvent, le numérique bouscule les réglementations et le modèle social. L’économie « dite numérique » tend à la concentration des activités et une « création destructrice » paraît remettre en cause les positions dominantes antérieures, créant du chômage et un certain déséquilibre social.

D’autre part, les responsables politiques de la Chine assurent la responsabilité d’organiser la vie et la nourriture d’un milliard et trois cent millions de citoyens. Fort heureusement, en Chine, la politique est étroitement conjuguée avec l’économie nationale. Le système normatif et réglementaire est unique et strict. Le système de production et de distribution de l’agroalimentaire repose sur les opérateurs de marché et les régulateurs. L’économie collectiviste intègre la production afin de répondre à la consommation métropolitaine. Parmi d’autres, le conglomérat industriel Guangming est un outil du système alimentaire au service du capitalisme d’État chinois, qui est en mesure de rivaliser avec les grandes firmes multinationales privées. De même, le Fonds chinois Hongyang, spécialisé dans les équipements pour station-service, participe à la financiarisation rentabilisée de l’agriculture, non seulement en Afrique et en Asie du Sud-est, mais aussi dans l’Indre, au centre de la France, où 1 700 ha de terres agricoles viennent d’être acquis à prix d’or. Ce Blablacar chinois, en se jouant des circuits traditionnels, a trouvé une martingale de rêve pour nourrir ses enfants. Point n’est besoin d’Intelligence Artificielle pour démontrer que si les entreprises occidentales ne gagnent pas assez d’argent, c’est parce qu’elles sont trop nombreuses et mal organisées. Une Europe de 450 millions d’habitants qui transpose de 28 façons différentes la réglementation communautaire ne peut pas bénéficier de la même efficacité de gestion qu’une Chine monopolistique.

En résumant, on peut avancer que les ¾ ou les 4/5 de l’humanité, divisés en près de 190 pays disposant chacun de leurs structures politiques et administratives propres, font confiance à des initiatives privées et des sociétés industrielles et commerciales de type libéral pour assurer leur bien être social sur le plan matériel et culturel. A priori, même présenté ainsi de façon simpliste, on peut en déduire que le pari de confier sa vie au bon vouloir de la Loi du marché est un pari risqué, qui dépend principalement de la façon dont la chance a fixé votre place dans les structures qui sont celles du pays où vous vivez.

Ce n’est donc ni l’Internet et les techniques numériques qui sont à l’origine de la crise économique que nous traversons. Cette crise provient de la façon dont notre économie est organisée et des orientations politiques des pays. Souhaitons que l’association des intelligences naturelle et artificielle conduise, dans l’intérêt de tous, à des réglements pacifiques des difficultés économiques que nous connaissons.

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Daniel BATTU

Rédacteur en chef

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